Pendant deux week-end d’affilée, j’ai investi des salons d’orientation professionnelle lyonnais, l’un Vocatis, au centre des congrès et l’autre, le mondial des métiers au centre Eurexpo. Le premier davantage destiné aux travailleurs désireux de changer de trajectoire professionnelle et plus restreint, le second, une énorme machine à informer parcourue par des hordes d’étudiants de tous âges, parfois amenés par cars entiers. Dans les deux endroits, accueil chaleureux et courtois par des professionnels …pas toujours très bien informés ou préparés aux questions !!! Ainsi sur le deuxième salon, un stand représentant une célébrissime école d’art lyonnaise, Emile Cohl, ne pouvait fournir aucune donnée pratique sur les cursus proposés, incitant seulement à venir aux portes ouvertes, lesquelles ne seront pas forcément accessibles à tout le monde. Un petit bémol qui ne retire rien à l’intérêt évident de ces regroupements de métiers qui peuvent permettre à des jeunes de s’informer des filières.
Pour les adultes déjà insérés dans la vie active et désireux de changer de voie, le chemin est rude! Sachant que ,comme le GRETA et l’AFPA me l’ont précisé, si la formation est un droit, l’entreprise, elle, dispose de la faculté de refuser un Fongecif autant de fois qu’elle le veut, et d’aucunes se permettent de réduire leur appel d’offre à deux ou trois prestataires par forcément qualifiés mais plus compétitifs quant aux prix…ce que bien évidemment, dans la plupart des cas, le salarié qui construit son dossier, ignore !
Pour les plus jeunes, il reste que certains métiers d’avenir sont proposés dans des conditions qui frisent le délire !!! Ainsi, les métiers de web mastering et d’ infographie par exemple étaient représentés par des écoles privées proposant pour l’une des formations échelonnées sur 3 ans à raison d’un coût de 7000 euros l’an ! Soit 21000 euros hors frais d’hébergement, de fournitures et de transport, de vêtements et de sorties, le compte est vertigineux. Face à l’un de ces stands, je regardais un groupe de petits jeunes littéralement scotchés devant les écrans sur lesquels défilaient des réalisations époustouflantes. Leur look et leur phrasé typiques des quartiers traçaient déjà comme une frontière entre leurs rêves potentiels et une réalité : comment payer de telles études, et à qui de fait restent-elles ouvertes ? Ces jeunes là, devront-ils forcément se tourner vers les stands installés un peu plus loin, et proposant les filières de mécanique, de bâtiment ou de l’hôtellerie plus convenues et moins exigeantes ?
Pourtant, les métiers de l’image et de la communication sont indubitablement des voies d’avenir dévoreuses de jeunes talents prometteurs. Pourquoi ces métiers là ne sont–ils pas plus accessibles ? A quand des filières où la prise en charge par l’état d’une partie des coûts ouvrirait le chemin à une pluralité de jeunes ? Tout reste à faire apparemment…et la voie de la démocratie par l ‘éducation reste à trouver comme aux beaux temps de ma propre jeunesse estudiantine, laquelle s’était déjà heurtée de front à cette réalité marchande…
Très bonne analyse des salons et une vision critique qui devrait effectivement trouver écho dans un gouvernement toujours prompt à donner de la voix pour cette jeunesse…
http://www.cohl.fr/
Bonjour Chiffre Sept
Merci pour cette lecture attentive et cette approbation!