L’histoire de l’art ou plutôt des arts, conduit beaucoup à figer à un moment donné l’image d’un auteur ou créateur. Généralement pris au sommet de sa pratique, les balbutiements qui ont précédé sa gloire partent dans les limbes de l’oubli. C’est un peu comme si on considérait que le long cheminement, les passages de doute et de recherche n’étaient qu’un préambule parfois gênant, et non une partie intrinsèque de l’œuvre reconnue (ou pas d’ailleurs). Pourtant, c’est une des qualités humaines que j’apprécie le plus quant à moi ! Cette possibilité, dès lors qu’on le souhaite et qu’on le conscientise, de continuer à douter, de chercher, et de ne pas se cloisonner dans un genre, même lorsqu’il plaît ! C’est une chose difficile ! Dans ma propre petite pratique si limitée (et où, je vous rassure, je n’entends pas me mesurer à des célébrités passées ou présentes !), je me suis vite aperçue que j’étais étiquetée. Avec une petite particularité amusante. Pour certains, je ne suis que poète, pour d’autres écrivaine, pour d’autres encore, photographe de fleurs, et pour d’autres photographe urbaine etc etc…. Et, si vous fréquentez certains forums photographiques, vous verrez que vous n’échapperez pas à ces classifications subjectives dès lors que vous souhaiterez poster des images ! Si l’enjeu de clarification et d’indexation logique est utile, il implique néanmoins ce problème de rangement et de conservation dans un bocal formolé, dans une boite de sardine où personnellement, je me sens très à l’étroit !!!
J’aime en effet beaucoup remettre comme on dit mon ouvrage sur le métier et surtout investir des voies et chemins inconnus. Ca passe parfois par des choses infimes, souvent hasardeuses et leur aboutissement n’est pas forcément un crédo !!! Mais une tentative de s’ébrouer, de secouer les évidences et de ne pas se figer dans une canonisation de la pratique !!! Ainsi en est-il de mes petits exercices actuels, minimalistes et qui tendent à une forme d’épure, histoire de m’exercer à regarder ce qui ne se regarde jamais !!!! A l’inverse du foisonnement et de la luxuriance que je cherche souvent, ce déshabillage relatif fait aussi partie de moi, et, je l’espère, à côté d’une foule d’autres choses à venir et que je ne connais pas encore !



